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La Lettre Sepharade online

La Lettre Sépharade en ligne propose la consultation de l’intégralité des 57 numéros de la La Lettre Sépharade fondée et dirigée par Jean Carasso de 1992 à 2007. Chaque article est indexé par numéro, par auteur (de l’article) et par thème. Le site de La Lettre Sépharade a été réalisé avec le soutien des institutions suivantes:

Une belle aventure…

Ce fut assurément une belle aventure.
Aventure est bien le terme qui convient, car il n’y eut jamais rien, au fil des années, de prémédité, de vraiment programmé, dans la naissance puis les premiers développements de La Lettre Sépharade.

Le début fut fortuit : au soir d’une belle fête, en septembre 1991, qui réunit à bord d’une péniche aménagée, amarrée devant Notre-Dame de Paris, une vingtaine de Carasso souhaitant faire connaissance, accompagnés de leurs conjoints et de quelques amis  – quatre-vingts personnes -, la demande se fit jour d’un compte rendu de la journée.

Il faut préciser que cette journée, très riche en rencontres, permit à  nombre de participants de se découvrir des liens de parenté qu’ils ignoraient. L’émotion fut grande également lorsqu’une chanteuse,aussi belle que convaincante1, interpréta a cappella quelques mélodies judéo-espagnoles. Les participants les plus âgés ne les avaient plus entendues depuis des décennies et à leur propre surprise, ils les retrouvaient enfouies en eux ! Des yeux s’embuèrent…

On ne peut passer sous silence le somptueux buffet judéo-balkanique, œuvre des seuls participants; près de quinze ans plus tard certains en gardent encore le souvenir…

Je fus donc chargé du compte rendu, au prétexte que, co-organisateur de la fête et par ailleurs retraité, “je n’avais que cela à faire” !

Après diffusion à une centaine d’exemplaires du feuillet recto-verso résumant la fête, les réactions de certains se firent pressantes :“Que faisons-nous pour rester proches ? Quoi maintenant ? Quelle suite ?despues kualo ? ”

Quelques mois plus tard, au printemps 1992, un deuxième envoi suivit, à l’occasion de la commémoration du cinquième centenaire de l’Expulsion des juifs d’Espagne.

Un courrier de la Bibliothèque Nationale, département des périodiques, faisant référence au troisième numéro, décida fortuitement de l’avenir : “[…] il apparaît que vous publiez un document  appelé “Lettre Sépharade” […] la législation française prévoit un dépôt légal, l’obtention d’un numéro d’ISSN et une périodicité d’au moins quatre parutions annuelles[…]”

Ce fut un choc, une épée dans les reins et, tant d’années après, le mystère demeure sur le circuit qui fit aboutir ces quelques feuillets à la Bibliothèque Nationale de France.

La Lettre Sépharade débuta ainsi son existence de périodique, en rapide expansion par le seul bouche à oreille des premiers lecteurs.

C’est dire le besoin de lien qui existait parmi ces Judéo-balkaniques se  réclamant de la langue judéo-espagnole, même s’ils ne la parlaient pas eux-mêmes, mais l’avaient seulement entendue au cours de leur enfance… Durant une décennie, le fichier n’a cessé de s’accroître chaque jour de l’année d’un nouveau lecteur.

Tentons, ci-dessous d’en explorer, d’en éclairer quelques raisons.

Bien entendu le réseau des signataires d’articles – toujours bénévoles – suivit la même courbe ascendante, formant bientôtun faisceau de collaborateurs exprimant librement leur talent.

L’objet de la publication se précisa naturellement, au fur et à mesure des parutions et des réactions des lecteurs : faire connaître, répandre, approfondir cette estimable culture, longtemps véhiculée par la langue porteuse, culture un peu, voire très mésestimée par les locuteurs eux-mêmes qui l’ont trop fréquemment tenue pour négligeable dans la période du français-langue-universelle-de-culture entre les années 1870 et l’époque de la Première Guerre mondiale.

Dès lors, la nécessité et la volonté de s’intégrer dans les pays occidentaux – Europe et Amériques-, pays de ré-exil des Balkaniques, occultèrent cette culture familiale sous-jacente, largement orale.

La coupure de la Choah, anéantissant une quantité considérable de Sépharades balkaniques aux côtés de coreligionnaires achkénazes, sembla marquer le glas de ces cultures pluriséculaires. D’autant que les années d’expansion économique dans le monde occidental, souvent qualifiées de “trente glorieuses”,2  facilitant la promotion sociale dans l’intégration, contrariaient  la réflexion, le retour sur le passé.

La fin de cette expansion intégratrice, la fin de la croyance en des lendemains économiquement meilleurs, l’affaiblissement des grandes idéologies, amorcèrent un regain d’intérêt pour les traditions, pour les origines, pour les anciens qu’on n’avait pas suffisamment interrogés, pour les rescapés de la Choah qu’on n’avait pas su entendre, en un mot pour la culture historique.

1992 fut une année phare, avec la commémoration de l’Expulsion d’Espagne et, enfin, les courageuses paroles de repentir du roi Juan Carlos. Chacun de nous fut conduit à réfléchir au destin commun. Nombre d’historiens nous en offrirent l’occasion, se penchant sur la culture hispanique jusqu’à la fin du XVe siècle, et sur cette même culture, de nouveau exilaire, au cours des siècles suivants.

C’est dans le droit-fil de ces études qu’il faut inscrire l’expansion de notre publication, et de quelques autres poursuivant le même objectif

Naturellement, et sans programmation préétablie, l’analyse de livres et disques, reçus de plus en plus fréquemment du monde entier, y occupa une place prépondérante. L’objet se dédoubla : faire mieux connaître, aider des travaux, des ouvrages, des interprètes de musique dont l’audience reste, hélas, fréquemment trop faible et parallèlement éclairer notre lectorat très largement répandu dans le monde, lui rendre sa fierté culturelle.

Avons-nous réussi ? Qui le dira?

La Lettre Sépharade connut des moments forts.

La création, par un professionnel ami, de l’élégante maquette.

Le 25 juin 1999 – à la demande inattendue, un an auparavant, du directeur du superbe Théâtre de l’épée de Bois, à la Cartoucherie de Vincennes -, se déroula devant plus de cinq cents personnes, ébahies de se trouver si nombreuses, la grande fête de Djoha,dépassant toutes les espérances quant à l’audience. Pour répondre à des impératifs administratifs fut alors créée  “l’Association des Amis de La Lettre Sépharade”, poursuivant à Paris son activité autonome.

A la même époque, et toujours fortuitement, la rencontre d’un couple de lecteurs euro-américains, rigoureusement bilingues et fort motivés, permit le lancement en avril 2000 d’une édition américaine, visant à joindre, en anglais, les Sépharades émigrés en pays d’accueil anglophones, qui avaient, au long d’une ou deux générations, perdu leur pratique du français, la langue véhiculaire traditionnelledes Sépharades. La diffusion de cette édition américaine est en progression constante.

En mai 2001, l’organisation, en association avec le Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris, du premier Festival mondial de musique judéo-espagnole, offrant huit prestations sur une semaine, connut un succès dépassant les espoirs de ses promoteurs !

En juin 2002, une première ! Après la surprise de l’appel téléphonique, plusieurs mois auparavant, de l’ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, la mise en place d’un grand congrès international “Langue et culture judéo espagnoles”, patronné par cet organisme, dans ses prestigieux locaux parisiens, rassembla un auditoire considérable.

Simultanément, l’édition, largement illustrée, d’un numéro spécial bilingue – judéo-espagnol et français – de quarante-huit pages, rapportait les réponses de vingt lecteurs à la question : “Que représente pour vous le judéo-espagnol?”

A la promotion du 14 juillet 2005, le ministre de la Culture nomma le signataire “Chevalier des Arts et des Lettres”, distinction  honorant également les collaborateurs réguliers ou occasionnels de la publication sans lesquels LaLettre Sépharade n’aurait pas acquis sa réputation.

26 janvier 2006, “la boucle est bouclée” symboliquement à Madrid,  et dans la salle d’honneur de la Complutense, la plus prestigieuse des universités madrilènes. La Lettre Sépharade a été conviée comme consultante à la commémoration de la journée internationale de la mémoire de la Choah. En présence de la reine, du chef du gouvernement, d’un grand nombre de ministres, du président des communautés juives d’Espagne, le roi a ponctué son allocution d’un émouvant “Shalom”.

Pour une aventure, ce fut assurément une belle aventure!

La diffusion de La Lettre Sépharade – deux tiers en France, un tiers dans le reste du monde – a concerné quarante-huit pays, ce n’est pas rien !

Une aventure qui se poursuit régulièrement avec l’édition américaine, pilotée avec compétence et rigueur par sa responsable.

A tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, y ont participé, j’exprime ma plus vive reconnaissance…

Jean Carasso
qui reste à disposition, la chaîne humaine n’étant pas rompue!

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Notes

C’est volontairement que ce survol ne cite aucun nom. A chacun de se reconnaître s’il le désire…

Les années de prospérité due aux effets de la reconstruction européenne, qui virent le niveau de vie des populations tripler environ, en France notamment.

3
 La Lettre Sépharade à Washington en anglais et judéo-espagnol : P.O. Box 2450 Kensington MD 20891 USA lettresepharade@verizon.net

Aki Yerushalayim, à Jérusalem intégralement rédigé en judéo-espagnol : P.O.B. 8175 Jérusalem 91080 Israël judeospa@trendline.co.il –  www.aki-yerushalayim.co.il

Los Muestros
 à Bruxelles, en français et d’autres langues : 52 rue Hôtel des Monnaies B-1060 Bruxelles info@sefarad.orgwww.sefarad.org

Erensia Sefardi aux USA en anglais et d’autres langues : 46 Benson Place Fairfield, Ct. 06824 USA erensia@aol.com 

El Amaneser à Istanbul, intégralement en judéo-espagnol supplément mensuel de ?alom.

Fuente: Jean Carasso

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